Dans un monde où le bien-être animal reçoit une attention croissante, aucun abattoir ne peut plus l'ignorer. Depuis 2013, la plupart des abattoirs sont tenus de désigner un responsable du bien-être animal (Animal Welfare Officer, AWO). Marie Van Audenhove, Normaniste et consultante en management de la qualité, vous présente les missions d'un responsable du bien-être animal.

 

Vous avez récemment obtenu le certificat de « responsable du bien-être animal ». D'où vient votre intérêt à suivre une formation de responsable ?

Marie : « J'ai baigné dans le secteur depuis toute petite. Enfant, j'accompagnais mon père pour décharger nos bovins à l'abattoir. Cela m'a notamment appris qu'un transport de bétail calme conduit à une meilleure qualité de viande. »

« Je suis à la fois amie des animaux et mangeuse de viande, et je perçois un lien fort entre le bien-être animal et une viande de qualité. C'est ce qui m'a notamment poussée à suivre une formation « AWO pour le personnel non abattoir » à la KU Leuven. J'ai terminé la formation en février 2024 et j'ai reçu mon certificat de « Dierenwelzijn Vlaanderen » (Bien-être animal Flandre). »

 

 

Un responsable du bien-être animal en action

Quelles sont les tâches d'un responsable du bien-être animal ?

Marie : « Un responsable du bien-être animal est l'œil qui voit tout pendant le processus d'abattage. De l'étable à l'abattage, tout est étroitement contrôlé et surveillé. Ce qui ne se déroule pas conformément aux règles sera noté par le responsable. »

 

De l'étable à la salle d'attente

« Avant même que les animaux n'arrivent à l'abattoir, le responsable a déjà une première responsabilité. Il contrôle si toutes les exigences en matière de bien-être animal sont respectées et vérifie si les animaux arrivent à l'abattoir indemnes et sans stress. Si ce n'est pas le cas, le responsable en informera le transporteur et le fournisseur. C'est également le responsable qui décide de procéder à un étourdissement d'urgence pour délivrer les animaux de leur souffrance. »

« Tout comme nous, les animaux doivent eux aussi récupérer d'un long trajet. Que les animaux puissent se reposer suffisamment longtemps, qu'ils disposent d'assez d'espace, d'eau, de nourriture, de litière… relève de la compétence de contrôle du responsable. »

 

De la conduite à l'étourdissement

« La conduite signifie que le personnel de l'étable déplace les animaux, car l'abattage ne se déroule évidemment pas dans la salle d'attente. La manière dont le personnel déplace les animaux est importante. On ne peut ainsi conduire les animaux qu'à l'aide de claquettes, brosses, drapeaux ou bâtons munis de rubans. Les crécelles et les aiguillons électriques sont soumis à des règles strictes. L'étourdissement, au cours duquel les animaux perdent rapidement conscience, requiert lui aussi des règles strictes. »

De l'abattage au retour d'information

« Tout au long du processus, le responsable reste en contact avec la direction de l'abattoir. Une concertation directe sur les mesures et responsabilités à prendre est ainsi possible. Le responsable tient par ailleurs un registre des mesures prises et le communique semestriellement au service « Dierenwelzijn Vlaanderen ». Les contrôles effectués doivent en outre pouvoir être démontrés, ce qui passe par leur enregistrement. »

 

 

Nécessaire ou facultatif ?

Les abattoirs sont-ils tenus de désigner un responsable du bien-être animal ?

Marie : « Presque tous les abattoirs flamands sont soumis à l'obligation de désigner au moins un responsable du bien-être animal. Depuis 2013, la règle prévoit qu'un abattoir doit désigner un responsable dès qu'il abat plus de 1000 unités de gros bétail (= 1 bovin, 1 cheval ou 3 porcs) ou plus de 150 000 volailles ou lapins par an. »

 

Comment les abattoirs s'organisent-ils ?

Marie : « Étant donné qu'un responsable doit suivre l'ensemble du processus d'abattage, il est recommandé de désigner plusieurs responsables pour un accompagnement optimal. Un abattoir peut en outre faire appel à un responsable externe. Et c'est l'Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire (AFSCA), en collaboration avec le service « Dierenwelzijn Vlaanderen », qui veillera à ce que le responsable agisse comme il se doit. »

 

Une image positive ?

Quand je pense aux campagnes des organisations de défense des droits des animaux, je vois la valeur ajoutée d'un tel responsable. Mais en quoi avoir un responsable est-il encore intéressant ?

Marie : « Les abattoirs préfèrent évidemment rester le plus loin possible des campagnes des organisations de défense des droits des animaux. Un responsable peut y jouer un rôle, puisqu'il agit comme avocat du bien-être animal et défend donc les intérêts de celui-ci. Les consommateurs accordent eux aussi davantage d'attention au bien-être animal, par exemple lors de l'achat de leur viande. Ce que vous ne voulez pas, en tant que consommateur, c'est de la viande PSE. PSE signifie Pale, Soft et Exudative et signifie que l'animal a subi un stress aigu juste avant l'abattage. »

 

Un nouveau label flamand de bien-être animal

Que nous réserve encore l'avenir ?

Marie : « L'avenir ne s'annonce pas encore très favorable. Pour continuer à améliorer l'image des abattoirs, un suivi continu du bien-être animal et une formation du personnel d'abattoir restent nécessaires. Les grandes surfaces subissent par ailleurs elles aussi une pression accrue pour accorder de l'attention au bien-être animal. Ainsi, dès cette année, un nouveau label flamand de bien-être animal verra le jour sous le nom « Beter voor dieren » (Mieux pour les animaux). »

 

Quel rôle souhaitez-vous y jouer ?

Marie : « Je monte moi aussi dans le train d'un avenir meilleur. Je souhaite dans un premier temps m'investir dans les abattoirs. Mon objectif est par ailleurs d'accompagner les entreprises afin d'améliorer le bien-être animal, de l'éleveur jusqu'à l'abattoir. Le personnel d'étable reçoit par exemple déjà une attestation de compétence après une seule journée de formation. En complétant cela par des formations pratiques et de recyclage sur mesure, nous pouvons renforcer leur sensibilisation au bien-être animal. »

 

Let’s meet!

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